Recommandation (UE) 2026/1801 : Lignes directrices actualisées relatives aux mycotoxines dans l'alimentation animale
La Commission européenne a adopté, le 24 juillet 2026, la recommandation (UE) 2026/1801, qui présente des orientations actualisées concernant la présence de plusieurs mycotoxines importantes dans l'alimentation animale.
La recommandation porte sur :
- Le désoxynivalénol, ou DON
- La zéaralénone, ou ZEN
- L'ochratoxine A, ou OTA
- Toxines T-2 et HT-2
- Fumonisines B1 et B2
Elle a été publiée au Journal officiel de l’Union européenne le 28 juillet 2026. Les valeurs indicatives générales devront être prises en compte à compter du 1er juillet 2027, tandis que les valeurs applicables au maïs, au sorgho, au soja, au tournesol et aux produits qui en sont dérivés devront être prises en compte à compter du 1er octobre 2027. À compter du 1er juillet 2027, la nouvelle recommandation remplacera les recommandations 2006/576/CE et 2013/165/UE de la Commission. (Eur-Lex)
Bien que la recommandation (UE) 2026/1801 soit parfois présentée comme instaurant de nouvelles limites européennes en matière de mycotoxines, cette affirmation n’est pas techniquement exacte. En vertu de l’article 288 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, les recommandations n’ont pas de caractère contraignant. Les valeurs figurant dans l’annexe constituent donc des valeurs indicatives plutôt que des teneurs maximales réglementaires. Elles devraient néanmoins jouer un rôle opérationnel important dans l’évaluation de l’acceptabilité des aliments pour animaux, la fixation des limites critiques HACCP et la détermination des mesures à prendre en cas de détection de concentrations élevées de mycotoxines. (Eur-Lex)
La recommandation 2026/1801 en bref
| Date | Développement |
| 24 juillet 2026 | Recommandation adoptée par la Commission européenne |
| 28 juillet 2026 | Publié au Journal officiel de l'Union européenne |
| 1er juillet 2027 | Il convient de tenir compte des valeurs indicatives générales |
| 1er octobre 2027 | Il convient de tenir compte des valeurs indicatives pour le maïs, le sorgho, le soja, le tournesol et leurs dérivés. |
| 1er juillet 2027 | Les recommandations 2006/576/CE et 2013/165/UE sont remplacées |
La recommandation met également davantage l'accent sur l'analyse simultanée de plusieurs mycotoxines, l'intégration des valeurs indicatives dans les systèmes HACCP, l'échange d'informations tout au long de la chaîne d'approvisionnement en aliments pour animaux et la mise en place de mesures documentées en cas de dépassement des valeurs indicatives. (Eur-Lex)
Quel est le champ d'application de la recommandation (UE) 2026/1801 ?
L'annexe fixe des valeurs indicatives pour le DON, le ZEN, l'OTA, la somme des toxines T-2 et HT-2, ainsi que la somme des fumonisines B1 et B2.
Les valeurs sont exprimées en mg/kg ou en ppm, par rapport à un aliment dont la teneur en humidité est de 12 %. Différentes valeurs sont indiquées en fonction de la mycotoxine, du type de matière première, de la catégorie d'aliment complet et de la sensibilité de l'espèce animale. (Eur-Lex)
Cette distinction est importante. Une concentration jugée acceptable pour une matière première d'alimentation animale ou une catégorie d'animaux peut ne pas convenir à une autre. Les jeunes animaux et certaines espèces sensibles peuvent nécessiter une évaluation des risques nettement plus rigoureuse que les catégories moins sensibles.
En ce qui concerne les aliments complémentaires, la recommandation précise que les valeurs indicatives applicables aux aliments complets doivent être respectées, tout en tenant compte de la proportion prescrite de l’aliment complémentaire dans la ration journalière totale. La concentration de l’aliment complémentaire doit également être évaluée en fonction de sa composition en ingrédients et de l’utilisation prévue. (Eur-Lex)
Il convient donc de se reporter à l’annexe officielle lors de l’interprétation des résultats d’analyse. Un résumé simplifié ne doit pas se substituer à l’évaluation des matières premières pour aliments pour animaux concernées, des espèces animales et de la ration journalière complète.
Pourquoi les anciennes recommandations de l'UE sur les mycotoxines ont-elles été mises à jour ?
Le cadre européen précédent reposait en grande partie sur des évaluations scientifiques et des données de prévalence disponibles au début des années 2000, puis a été complété en 2013 par des recommandations spécifiques concernant les toxines T-2 et HT-2.
Depuis lors, l’Autorité européenne de sécurité des aliments a publié des évaluations scientifiques actualisées et recueilli un nombre considérablement plus important de données sur la présence de mycotoxines dans les aliments pour animaux. La Commission européenne a également pris en compte, lors de l’élaboration des valeurs indicatives révisées, les variations importantes, tant régionales qu’annuelles, observées dans la présence de mycotoxines. La recommandation mentionne explicitement ces changements substantiels comme raison justifiant le remplacement des documents antérieurs. (Eur-Lex)
Cette mise à jour reflète une approche plus globale de la gestion des risques liés aux mycotoxines. La sécurité alimentaire animale ne peut plus être abordée uniquement en comparant un résultat de laboratoire isolé à une valeur de référence générale. L’origine des ingrédients, la sensibilité des animaux, le taux d’incorporation, l’exposition quotidienne et la présence éventuelle de plusieurs mycotoxines doivent tous être pris en compte.
Une attention accrue portée à la co-occurrence des mycotoxines
L'un des éléments les plus importants de la recommandation (UE) 2026/1801 réside dans l'accent mis explicitement surla co-occurrence des mycotoxines.
La recommandation préconise que les échantillons soient analysés simultanément pour détecter la présence de toxines DON, ZEN, OTA, T-2 et HT-2, ainsi que de fumonisines B1 et B2, afin de pouvoir évaluer l'ampleur de leur co-occurrence. (Eur-Lex)
Ce point revêt une grande importance pour la nutrition animale dans la pratique, car les aliments pour animaux sont souvent élaborés à partir de plusieurs matières premières d'origine végétale, chacune présentant son propre profil de contamination. Se limiter à analyser une seule mycotoxine présumée peut donc donner une image incomplète du risque global d'exposition.
La cooccurrence ne doit pas être automatiquement considérée comme la preuve d’un effet biologique synergique. L’interaction entre les mycotoxines dépend de la combinaison spécifique, des concentrations, de l’espèce animale, de la durée d’exposition et du paramètre biologique évalué.
Toutefois, la présence simultanée de plusieurs mycotoxines complique l'évaluation des risques et justifie le recours à des panels d'analyse plus larges plutôt que de se limiter exclusivement à des tests portant sur une seule mycotoxine.
Quelles sont les implications de cette recommandation pour les systèmes HACCP ?
La recommandation 2026/1801 précise que les exploitants du secteur de l'alimentation animale doivent utiliser les valeurs indicatives dans leurs systèmes d'analyse des risques et de maîtrise des points critiques (HACCP) afin de déterminer les limites critiques aux points de contrôle critiques concernés. (Eur-Lex)
Pour les fabricants d'aliments pour animaux, cela pourrait nécessiter une révision de plusieurs volets du programme actuel de lutte contre les mycotoxines :
- Classification des matières premières en fonction de la culture, de l'origine et du fournisseur
- Sélection de panels d'analyse adaptés, portant sur une ou plusieurs mycotoxines
- Définition des niveaux d'alerte internes et des procédures d'escalade
- Définition de critères de décision spécifiques à chaque espèce
- Examen des spécifications des fournisseurs et des certificats d'analyse
- Documentation des mesures prises en cas de dépassement des valeurs d'orientation internes ou de l'UE
- Communication d'informations pertinentes sur les mycotoxines aux clients et aux fabricants d'aliments composés pour animaux
La recommandation souligne également que les fournisseurs doivent fournir aux fabricants d'aliments composés pour animaux des informations suffisantes sur la teneur en mycotoxines des matières premières fourragères, en particulier lorsque ces matières sont susceptibles d'être utilisées dans l'alimentation d'espèces animales sensibles. (Eur-Lex)
Dans la pratique, la gestion des mycotoxines devrait donc être plus étroitement liée à l'agrément des fournisseurs, aux cahiers des charges d'achat, aux analyses en laboratoire, aux décisions en matière de formulation et aux procédures documentées relatives à la sécurité alimentaire des aliments pour animaux.
Que se passe-t-il lorsqu'une valeur indicative est dépassée ?
Un résultat d'analyse supérieur à une valeur indicative ne doit pas être traité exactement de la même manière qu'un dépassement d'une concentration maximale légalement contraignante. Il ne doit toutefois pas être ignoré.
La recommandation précise que les aliments pour animaux dont les teneurs dépassent les valeurs indicatives ne doivent être mis sur le marché ou utilisés que si des mesures de précaution visant à protéger la santé animale ont été prises.
Il recommande également une évaluation minutieuse des matières premières pour aliments pour animaux, des aliments complets et des aliments complémentaires avant leur mise sur le marché. En cas de dépassement des valeurs applicables, les mesures appropriées peuvent inclure :
- Fournir à l'acheteur des informations claires sur la teneur en mycotoxines
- Évaluation de l'utilisation prévue de l'aliment pour animaux
- En fonction de l'espèce animale et de la catégorie de production
- Évaluation de l'exposition par le biais de la ration journalière totale
- Réalisation d'une évaluation documentée des risques liés à la sécurité alimentaire animale
- Mettre en œuvre des mesures appropriées d'atténuation des risques
Les obligations existantes de l'Union européenne, qui exigent que les aliments pour animaux soient sûrs, adaptés à leur usage et sans danger pour la santé animale ou humaine, restent applicables indépendamment du caractère non contraignant de la recommandation. (Eur-Lex)
Le dépassement d'une valeur indicative doit donc être considéré avant tout comme un élément déclencheur d'une évaluation et d'une action structurées, et non comme un résultat pouvant être pris en compte isolément.
De la surveillance des mycotoxines à la prévention
Les analyses en laboratoire fournissent des informations essentielles sur la composition des matières premières et des aliments finis pour animaux. Cependant, les analyses ne suffisent pas à elles seules à réduire l'exposition des animaux.
Un programme de prévention efficace devrait associer :
- Fournisseurs de matières premières agréés
- Cahier des charges d'achat adapté
- Bonnes pratiques de séchage, de manipulation et de stockage
- Contrôle de l'humidité et de la température
- Surveillance analytique fondée sur les risques
- Interprétation correcte des résultats
- Choix de formulations adaptées à chaque espèce
- Solutions de réduction des mycotoxines validées scientifiquement
Lorsque les données historiques, l'état des cultures ou les profils des ingrédients indiquent une exposition récurrente ou imprévisible, l'utilisation systématique d'unagent liant les mycotoxines ou d'un produit d'atténuationdûment sélectionné peut constituer une mesure préventive supplémentaire.
Ces produits ne doivent pas se substituer à une bonne hygiène alimentaire, à une bonne gestion du stockage ou aux analyses de contrôle. Leur rôle est de compléter ces mesures en contribuant à gérer l'exposition résiduelle qu'il n'est pas toujours possible d'éviter par le seul contrôle des matières premières.
Le choix du produit doit également être adapté au profil de mycotoxines identifié. Il ne faut pas partir du principe qu’un produit est aussi efficace contre toutes les mycotoxines simplement parce qu’il est décrit comme un liant. Il convient de prendre en compte le mode d’action pertinent, le taux d’incorporation recommandé ainsi queles donnéesdisponiblesissues d’essais in vitro et in vivo.
L'approche d'INBERG en matière de gestion des risques liés aux mycotoxines
Chez INBERG, la gestion des mycotoxines constitue l'un de nos principaux domaines de développement de produits et d'expertise technique.
Notre approche commence par l'analyse du profil de contamination réel et de la sensibilité des animaux concernés. Elle se poursuit ensuite par le choix d'une stratégie d'atténuation adaptée, étayée par des évaluations analytiques, in vitro et in vivo pertinentes.
Nous développons et fabriquonsdes solutions contre les mycotoxinesadaptées à différents niveaux et types de risques liés à l'alimentation animale. Plutôt que de traiter chaque cas de contamination de la même manière, nous nous attachons à adapter la composition et le mode d'action du produit aux besoins concrets du marché, des fabricants d'aliments pour animaux et des espèces animales cibles.
La recommandation (UE) 2026/1801 va dans le même sens : des données de meilleure qualité, une meilleure prise de conscience de la cooccurrence, une évaluation des risques spécifique à chaque espèce, une intégration plus étroite avec le système HACCP et la mise en œuvre de mesures appropriéesavant que l’exposition aux mycotoxines ne devienne un problème de santé animale ou de performance.
L'objectif de la gestion des mycotoxines ne se limite pas à intervenir uniquement lorsque les aliments pour animaux présentent une contamination visible. Il s'agit de mettre en place un système cohérent qui préserve la qualité des aliments pour animaux, la santé animale et les performances de production sur le long terme.
Foire aux questions
La recommandation (UE) 2026/1801 a-t-elle force obligatoire ?
Non. En vertu de l'article 288 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, les recommandations n'ont pas de caractère contraignant. Les valeurs figurant dans la recommandation 2026/1801 constituent des valeurs indicatives et non des limites maximales réglementaires.
Toutefois, cette recommandation revêt une importance opérationnelle, car elle établit un lien entre ces valeurs et l'acceptabilité des aliments pour animaux, les limites critiques HACCP, les mesures de précaution, l'évaluation des risques et l'échange d'informations. La législation européenne contraignante en vigueur en matière de sécurité des aliments pour animaux continue de s'appliquer. (Eur-Lex)
Quand faut-il appliquer les nouvelles valeurs indicatives relatives aux mycotoxines ?
La plupart des valeurs indicatives devront être prises en compte à compter du 1er juillet 2027.
En ce qui concerne le maïs, le sorgho, le soja, le tournesol et les produits qui en sont dérivés, les valeurs indicatives devront être prises en compte à compter du 1er octobre 2027. (Eur-Lex)
Quelles sont les mycotoxines concernées ?
La recommandation 2026/1801 porte sur :
- DON
- ZEN
- OTA
- Toxines T-2 et HT-2
- Fumonisines B1 et B2
La recommandation porte-t-elle sur l'aflatoxine B1 ?
Non. L'aflatoxine B1 n'est pas mentionnée dans la recommandation 2026/1801. Elle fait l'objet d'une réglementation distincte dans le cadre de la législation européenne relative aux substances indésirables dans l'alimentation animale, qui fixe des teneurs maximales pour l'aflatoxine B1. (Eur-Lex)
La recommandation impose-t-elle la réalisation simultanée de tests de détection de plusieurs mycotoxines ?
En tant qu’acte non contraignant, il n’impose pas d’obligation légale de contrôle au même titre qu’un règlement. Il recommande aux États membres de veiller, avec la participation active des exploitants du secteur de l’alimentation animale, à ce que les échantillons soient analysés simultanément pour les mycotoxines visées, afin de pouvoir évaluer leur co-occurrence. (Eur-Lex)
Aller de l'avant avec les lignes directrices actualisées de l'UE sur les mycotoxines
La recommandation (UE) 2026/1801 ne se limite pas à une simple mise à jour des valeurs indicatives chiffrées.
Il renforce le rôle de :
- Surveillance de plusieurs mycotoxines
- Évaluation de la cooccurrence
- Prise de décision fondée sur le système HACCP
- Évaluation des risques spécifiques à chaque espèce
- Échange d'informations entre le fournisseur et le client
- Mesures de précaution et d'atténuation des risques
Pour les fabricants d'aliments pour animaux et les professionnels de la nutrition animale, la période de transition précédant juillet 2027 offre l'occasion de réexaminer les plans d'échantillonnage, les panels d'analyse en laboratoire, les cahiers des charges des fournisseurs, les procédures HACCP et les programmes existants de gestion des mycotoxines. (Eur-Lex)
Chez INBERG, nous restons déterminés à allier connaissances scientifiques, expérience pratique dans le secteur de l'alimentation animale et solutions anti-mycotoxines rigoureusement évaluées afin d'aider nos partenaires à gérer la contamination avant qu'elle n'affecte la santé animale et les performances de production.
Une gestion efficace des mycotoxines commence par l'identification des substances présentes dans les aliments pour animaux, puis se poursuit par la mise en place de mesures permettant de gérer le risque identifié.
Consultez le texte officiel complet et son annexe sur EUR-Lex :